La Bignan, une légende de l'automobile française
Derrière le nom de notre association se cache l'une des plus belles marques automobiles des Années folles. Fondée par Jacques Bignan en 1918, la firme a fait courir des voitures de sport raffinées sur les plus grands circuits d'Europe — Monte-Carlo, Le Mans, Spa — avant de s'éteindre en 1931. Un héritage de passion et de mécanique d'exception que l'AVRB est fière de faire revivre.

Jacques Bignan, un constructeur d'exception
Avant la Première Guerre mondiale, Jacques Bignan est déjà un homme de mécanique : sous-traitant pour l'industrie automobile, il fabrique des moteurs et des pièces de précision. En 1918, il fonde sa propre marque et installe ses ateliers à Courbevoie, puis à Levallois-Perret, aux portes de Paris.
Les premières Bignan sont des cyclecars légers, construits sous licence Salmson. Très vite, la marque monte en gamme et se spécialise dans l'automobile sportive : des moteurs de 2 à 3,5 litres, des voitures rapides et soignées qui séduisent une clientèle d'amateurs éclairés. Le nom Bignan devient synonyme de raffinement mécanique et de performance.
Mais c'est en compétition que la marque va véritablement écrire sa légende, en alignant ses voitures — et ses pilotes — sur les épreuves les plus prestigieuses de l'époque.

Une marque sacrée en compétition
Des routes de Corse aux 24 Heures du Mans, les Bignan se sont illustrées dans toutes les grandes épreuves du début des années 1920. Voici quelques-uns des plus beaux faits d'armes de la marque.
Albert Guyot s'impose au volant d'une Bignan 3 litres et offre à la marque sa première grande victoire.
Dès la deuxième édition de la classique mancelle, une Bignan monte sur le podium de l'épreuve d'endurance.
Deux saisons victorieuses en Espagne, qui asseyent la réputation sportive de la marque à l'international.
Jacques-Édouard Ledure remporte le plus célèbre rallye du monde sur une Bignan.
Victoire à la toute première édition de l'épreuve belge, avec l'équipage Béquet–Springuel.
Sur l'autodrome de Montlhéry, une Bignan couvre 3 000 kilomètres à 124 km/h de moyenne.


Une mécanique en avance sur son temps
Si les Bignan gagnaient, c'est aussi grâce à des choix techniques audacieux. La marque n'hésitait pas à adopter des solutions de pointe, rares pour l'époque, sur ses moteurs de compétition.
Une architecture à quatre soupapes par cylindre, gage de respiration et de puissance — une technologie que l'on retrouvera bien plus tard sur les moteurs modernes.
Dès 1922, une particularité des Bignan : la commande desmodromique des soupapes, qui supprime les ressorts peu fiables à haut régime.
La fameuse 11 CV de compétition, quatre cylindres et quatre soupapes par cylindre, fer de lance sportif de la marque.
De la gloire à l'oubli
Malgré ses succès sportifs, la marque ne résiste pas aux difficultés économiques de la décennie. En 1926, Jacques Bignan fait faillite ; l'affaire est reprise par Henri Précloux, qui poursuit la production avec des moteurs achetés à l'extérieur (Salmson, C.I.M.E., S.C.A.P.). L'élan n'est plus le même : en 1931, la dernière Bignan quitte les ateliers et la marque s'éteint définitivement. Restent quelques rares voitures, précieusement conservées, et un palmarès qui force encore le respect des passionnés.
Source des informations : Wikipédia — Bignan (entreprise). Photographies d'époque : Wikimedia Commons (domaine public / CC0).
